samedi 11 mars 2017

Quelque chose d'intéressant au Tennessee

Un tiers de siècle après la fin de la commercialisation de la 504 aux Etats-Unis, les exemplaires survivants sont non seulement rares mais surtout dans un état proche du retour à la terre. Point de tout cela avec cette 504 break diesel de 1982 en vente au Tennessee. Elle est non seulement en état extérieur superbe mais en plus dotée d'équipements désirables comme le régulateur de vitesse, la climatisation et une sellerie refaite à neuf.



Bémol, les sièges s'en retrouvent dépareillés, la climatisation a rendu l'âme et les vitres ne sont pas électriques, tandis que la boîte de vitesses s'avère être une triste automatique ZF 3 rapports. Le 2,3 Indénor de 70 chevaux couplé à une telle transmission ne doit pas faire parler la poudre et le "cruise control" s'apparente donc plutôt à un "régulateur de lenteur". La 504 yankee, une berline, a déjà du mal à soutenir la cadence en ville, donc que dire d'un break alourdi de plusieurs centaines de kilos de bonne tôle sochalienne?





Après, il y a le prix. 13 000 dollars américains, même pour 43 000 miles (moins de 70 000 km), cela donne à réfléchir. Le marché n'est toutefois pas très loin, apparemment: sur eBay, où ce salon de skaï et marqueterie laminée était proposé il y a quelques semaines, les enchères ont atteint 11 000 dollars. L'annonce du groupe PSA, propriétaire de Peugeot, sur un retour aux Etats-Unis d'ici à 2026 a-t-il sorti les Américains de leur léthargie vis-à-vis de ses anciens produits? Plus certainement, quelqu'un s'est dit à raison que de telles occasions ne se représentaient que rarement, et a sorti son carnet de chèques.

Signe du côté exceptionnel de la voiture, l'annonce sur Craigslist, le "Bon coin" américain, a retenu l'attention du site Bring a Trailer, qui piste les véhicules exceptionnels et/ou rares à la portée de la plupart des bourses. Il suffit de lire les commentaires avertis pour se rendre compte de la réputation que la 504 conserve chez les Américains qui en ont fait l'expérience il y a trois ou quatre décennies: confortable, solide (un lecteur se vante d'avoir cassé le moteur à... 729 000 miles soit 1,2 million de km!), mais dans cette définition diesel automatique, très lente.
Exemple d'un ancien conducteur qui se rappelait avoir franchi le col de Sepulveda sur l'autoroute 405 entre le nord et le sud de Los Angeles: "j'ai découvert que la pédale située à droite du frein n'était pas l'accélérateur, mais la commande du volume"!

Plus généralement, les commentateurs estiment que 13 000 dollars fait un peu beaucoup, surtout vu que la voiture, certes repeinte (état pré-peinture ici), n'est pas en état 100% concours. D'autres font remarquer qu'en 2015, la célèbre maison Mecum a adjugé le même genre de voiture, avec seulement 18 000 miles (29 000 km) pour... 23 000 dollars.

vendredi 9 décembre 2016

En pièces

Voici une publicité qui a dû faire grincer quelques dents chez les Américains qui s'étaient laissé séduire par les arguments de la "Mercedes française". Car maintenir en état de marche une 504 aux États-Unis une fois que Peugeot avait plié bagage n'était ni simple, ni bon marché. Combien de Peugeot ont été abandonnées ou mises à la casse pour incapacité des mécaniciens américains à localiser une pièce ou même l'origine de la panne de ces voitures exotiques?

vendredi 2 décembre 2016

Five years, what a surprise

Cinq ans déjà que la 504 américaine a débarqué dans mon garage. Légalisée, révisée et désormais repeinte, elle devrait reprendre sérieusement la route en 2017. Encore un peu de patience, donc.

lundi 25 juillet 2016

Ne nous laissons pas démonter

Grâce à la semaine spéciale Peugeot de l'essentiel blog américain Curbside Classic, le web n'a jamais autant foisonné de 504 américaines. Cette fois-ci, le site d'historiens automobiles amateurs a déniché et scanné un numéro d'août 1975 du magazine Road Test. Ce dernier avait (censément) mené la vie dure à une 504 diesel pendant 50.000 miles (80.000 km) pour en tirer des conclusions sur la fiabilité à long terme d'une voiture doublement bizarre aux yeux des Américains: Française ET et diesel. Le résultat? Apparemment excellent: pas d'usure anormale des éléments mécaniques, un moteur comme neuf, au point que Road Test parle de "voiture pour la vie", ce qui reprend mot pour mot la communication de Peugeot! Avec 40 ans de recul, personne ne sera étonné du constat de solidité d'un Indénor.
Mais il y a un gros bémol qui en dit beaucoup sur la rigueur du test tel que mené par ces journalistes américains. En effet, sur les 50.000 miles, 30.000 ont été effectués sur une piste d'essais fermée, donc pas du tout en conditions réelles. Et l'on apprend au fil de l'article que l'huile moteur de la 504 a été changée... tous les 2.500 km, faute de quoi elle aurait perdu ses qualités de lubrification. Curbside Classic note que peu de conducteurs ont dû respecter ces intervalles, ce qui expliquerait que peu de 504 diesel du début des années 1970, soit équipés du 2.112 cm2 XD90, aient survécu en Amérique du Nord. Le XD2 de 2.304 cm2, de conception plus durable, supporte des vidanges tous les 5.000 km. Et par bonheur, c'est celui dont la 504 yankee est équipé. En résumé: la 504, c'est du béton, mais ce n'est pas grâce à Road Test que cela aura été démontré. En tout cas l'article a beaucoup plu à Peugeot qui en a fait une publicité dans la foulée (ci-contre).

(Images et source via Curbside Classic)

vendredi 22 juillet 2016

"A 99% parfaite"


Oublions. Oublions les années 1980, marquées par le déclin commercial de Peugeot aux Etats-Unis. Oublions le début des années 1990, quand le Lion s'enfuit d'Amérique du Nord, la queue entre les pattes et la crinière mangée aux mites. Oublions même la deuxième moitié des années 1970, l'"ère du malaise" automobile chez l'Oncle Sam sur fond de crise pétrolière et de normes antipollution mal gérées par les constructeurs. Et revenons en 1970 et 1971.
Ces années-là, les références de la presse nord-américaine Motor Trend, Car & Driver et Road Test découvrent la Peugeot 504, fraîchement débarquée du bateau du Havre. Et les vieux routiers du journalisme sur quatre roues sont séduits. Que l'on en juge: "une leçon sur ce que veut dire la tenue de route à l'européenne", "on pourrait se perdre sur les sièges arrière tant il y a de la place", "les constructeurs américains feraient bien de s'en inspirer" (Motor Trend); "une instrumentation exceptionnellement bonne", "une de ces rares voitures qui semble toujours obéir au doigt et à l'oeil", "un freinage très impressionnant" (Car & Driver); "finition extérieure excellente", "confort des sièges formidable", "une des meilleures boîtes de vitesses du genre" (Road Test).
Quelques reproches toutefois étaient opposés par les essayeurs d'il y a 46 ans à la 504, jeune Française en habits italiens (Pininfarina, what else?): les sièges en skaï peu "respirants", des détails de finition intérieure un peu légers et un certain manque de puissance par rapport aux capacités du châssis. "Nous aimons énormément la Peugeot. A ce prix et vu ce pour quoi elle est prévue, elle est à 99% parfaite (...) seul un perfectionniste en demanderait plus", concluait toutefois Car & Driver. De quoi nourrir des regrets quant à la suite des (més)aventures de Peugeot sur le continent.

(Image et source via CurbsideClassic)

vendredi 8 avril 2016

Le Grand Satan c'est l'oxydant

Une 504 américaine des premiers millésimes dans une casse de l'Idaho.
(photo: Santiago Ziegler)
Je vous rassure: la 504 rapatriée ne ressemble pas encore à ça... Mais il ne faudrait pas laisser filer les bosses, bubons et autres manifestations d'un ennemi mortel qui la guettent: la rouille. Si les tôles de Peugeot des années 1950-1970 sont épaisses, elles n'ont pas reçu en leur temps les traitements de cataphorèse de rigueur aujourd'hui. Du coup, en quelques années voire mois de négligence, elles s'oxydent jusqu'à compromettre leur intégrité. Et c'est bien de cela dont les voitures françaises ont souffert dans le Nord des Etats-Unis, où de nombreux Etats salent les routes six mois par an. Bonne nouvelle toutefois, le chrome utilisé par Peugeot a l'air de bien résister à l'outrage des années. Dans les semaines à venir, la Sochalienne va recevoir une mise à niveau de sa carrosserie pour resplendir de mille feux et ne plus redouter de s'aventurer en plein air. A suivre ici!